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Bouvines
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Messire Ferrand
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MessagePosté le: Dim 22 Mai - 08:14 (2011)    Sujet du message: Bouvines Répondre en citant

ROULEMENT DE TAMBOUR !!!

Vous voici réunis sur ce topic pour célébrer l'aboutissement de mes recherches sur Bouvines, et ... Oh, et pis non. Cette introduction fait trop "mariage" et pas assez littéraire.
Je reprends !
Comme convenu précédemment, voici un descriptif aussi fourni que possible de la bataille de Bouvines. Simples boulets sans cervelle, s'abstenir (désolé Gabriel Mort de rire ).

Aaaah, c'est déjà mieux, comme ça ... Bien, c'est parti pour l'avalanche de blablas sur notre sujet Très drôle !
Tout d'abord, point de travail dignement construit sans expliciter de sources et sans bibliographie.


  • La bibliographie


Cette bibliographie n'est en aucun cas exhaustive. Elle comprend les ouvrages sur lesquels j'ai eu l'occasion de travailler, ainsi que ceux qui sont, de source sûre, de bonnes références pour traiter de la bataille de Bouvines. Beaucoup datent (on remonte jusqu'au 19° !), mais il faut savoir que les recherches les plus récentes n'ont que très peu complété ce que les historiens antérieurs savaient déjà.

- L. Delisle, Catalogue des actes de Philippe Auguste. Paris, 1856.


En voila un, d'ancien ! Néanmoins, il s'agit d'un recueil précis, complet et expliqué des actes du souverain, et qui fournissent de précieux renseignements sur la bataille : on a ainsi une estimation du butin et la répartition des récompenses et des prisonniers, une liste des gens de guerre les plus importants qui se trouvaient présents, ainsi que le nombre d'hommes approximatif envoyé par chaque commune à l'Ost royal. Il faut également précisé que pareil travail de compilation n'a pas été refait depuis concernant le règne de ce cher Philippe.

-
P. Alain, Bouvines. Collection "Victoires Françaises", Paris 1913.

Un travail rédigé par un spécialiste du sujet, propre et bien documenté, à en croire les autres historiens. Je ne l'ai pas eu personnellement en main, mais j'aimerais beaucoup le consulter. Apparemment, il s'agit d'une référence incontournable pour traiter correctement de l'évènement ...


- M. Lebon, Mémoire sur la bataille de Bouvines en 1214. Paris - Lille, 1835.

Le plus ancien. Il s'agit d'un mémoire d'étudiant, relu et corrigé par des enseignants et une commission de lecture. Récemment, la fac de Strasbourg en a obtenu une copie, et c'est cette copie que j'ai pu consulter en la faisant venir à Nancy. Du très bon travail, bien documenté, qui a l'avantage de s'attacher sur les hommes qu'on voit peu (ceux des combattants dont une source évasive cite le nom, mais qui restent effacés derrière l'empereur, le roi et les comtes ...). De plus, il fournit une carte des lieux, des plans de bataille et une ligne stratégique qui sont à l'heure actuelle encore les plus vraisemblables. Attention cependant, il comprend quelques erreurs dans les effectifs des armées, notamment du côté des coalisés !

- A. Hadengue, Philippe Auguste et Bouvines, victoire créatrice. Paris, 1978.

Je l'ai déjà cité dans mon post précédent, car il m'a servi de source également pour détailler un peu les équipements des gens d'armes. Un bon ouvrage qui laisse la parole pour beaucoup aux chroniqueurs, et donc notamment à Guillaume le Breton, mais qui a tendance à narrer les faits plus qu'à les commenter, et donc à les enjôliver un peu ... Dommage. Il fournit toutefois des infos intéressantes.

- G. Duby, Le dimanche de Bouvines. Paris, 1973.

Alors là, avec le maître Duby, on rentre dans le haut de gamme ! Un ouvrage tout simplement au top, très riche en documentation, très bien construit, sans toutefois être aussi difficile à digérer qu'un précis d'histoire ... Il se lit bien, à la manière d'un roman sans en être un, et apporte autant d'informations qu'un manuel d'étudiant. Comme précisé précédemment, je possède une réédition de ce livre de 2006, si certains sont intéressés. Je le conseille vivement Clin d'oeil

  • Les préparatifs de la bataille

Allez, je ne vous fait pas attendre d'avantage, rentrons dans le vif du sujet. Nous traiterons en premier des préparatifs de l'affrontement ; positionnement des troupes, tactiques, plans, etc ... Logique, non ?

Tout d'abord, parlons un peu du terrain. Important, le terrain : il décide bien souvent de la stratégie à adopter, et peut fournir un avantage considérable, ou au contraire placer en position d'infériorité. La bataille a eu lieu dans la plaine de Cysoing, au lieu dit "du pont de Bouvines". C'est une large plaine sans obstacle, qui s'étend à l'est de la rivière sur plus de six kilomètres. Au nord, elle cède place à des marais. Voyez plutôt le schéma ci-dessous :


      
(Je ne veux aucune critique sous prétexte que c'est vite fait et que c'est pas à l'échelle, non mais ! Mort de rire )


Bien. L'échiquier est en place, ajoutons maintenant dessus nos personnages, et faisons un petit inventaire des troupes ... En commençant par les français. Dévoilons sans plus attendre le positionnement des deux armées, et observons celle de Philippe plus en détail :
 
        
 
 

Alors, mettons-nous tout de suite d'accord sur les couleurs pour comprendre ce charabia.

Ca, c'est la cavalerie du roi de France.

Ca, ce sont les piétons français.


Ca, c'est la cavalerie des coalisés.

Et ça, c'est la piétaille des coalisés.

    
     
Et nous y voilà. On y voit déjà un peu plus clair, non ? Maintenant, allons dans le détail.

- A l'ouest de la formation française, on trouve trois communes menées par des nobles de titre comtal ou équivalent. Tout d'abord, le comte de Ponthieu, soutient fidèle du roi, a avec lui essentiellement des sergents montés, et les hommes à pied de sa commune. Ensuite, le capitaine La Truie est affecté au groupe de St-Valery ; c'est un vaillant capitaine qui fait partie des proches de Philippe. Là encore, les hommes sont essentiellement de condition modeste. Enfin, les plus proches du roi sont les plus puissants : Robert, comte de Dreux et cousin de Philippe, et Philippe de Dreux, évêque de Beauvais. Ils ont avec eux quelques cent chevaliers, des sergents et de la piétaille du Beauvaisis.

- Au centre se trouve le gros de l'armée royale, dirigée par l'oriflamme de Saint-Denis et le roi en personne. On y trouve un important corps de piétons, gens du peuple de Paris, du Laonnais et de Senlis, mais aussi des cavaliers à l'arrière. Ceux-ci sont essentiellement des chevaliers, fidèles de Philippe Auguste. Ainsi, on peut citer parmi eux le favori du roi en matière de noblesse guerrière, Barthélémy de Roye.

- A l'est, quatre corps différents ont été assemblés : il s'agit des troupes venues de Bourgognes, de Champagne, des hommes du comte de St-Pol et du vicomte de Melun. Ce groupe important ne comprend que des hommes montés, pour un total de 3 000 cavaliers. En outre, il a avec lui 325 des 600 chevaliers présents à la bataille.

On le comprend en examinant ce déploiement, la stratégie française va être de percer le front adverse par l'est. C'est le principal conseiller de Philippe Auguste, Frère Guérin, qui commande véritablement les troupes dans cette bataille ; en concentrant ses efforts sur l'est, il espère percer les lignes flamandes pour ainsi coincer l'empereur entre la rivière et les marais. D'ailleurs, c'est derrière les troupes de Bourgogne que Frere Guerin est posté durant toute la bataille.

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MessagePosté le: Dim 22 Mai - 08:14 (2011)    Sujet du message: Publicité

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Messire Ferrand
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MessagePosté le: Dim 22 Mai - 09:21 (2011)    Sujet du message: Bouvines Répondre en citant

Passons à présent au cas des coalisés. Au niveau de leur organisation, ça donne ça :


  


- A l'ouest du front, on trouve Guillaume Longuépée, à la tête d'un contingent d'hommes d'arme anglais prêtés par le roi Jean sans Terre et fraîchement débarqués d'Angleterre (DES ANGLOIS !! A MORT !! Lancier ). A ses côtés se trouvent le duc de Boves, et le traître Renaud de Dammartin. Renaud était le plus vieil ami de Philippe Auguste, mais est passé dans les rangs de la coalition suite à plusieurs querelles et escarmouches entre eux. Plus que tout, Renaud de Dammartin en veut à la vie du roi de France.

- Au centre se trouve le gros de l'infanterie : les hommes à pied venus du Saint Empire Romain et de toutes les Flandres. On dénombre parmi ces combattants à pied de nombreux arbalétriers et archers. Derrière eux se trouvent les nobles à la botte de l'empereur déchu : on peut citer parmi les fidèles d'Othon IV de Brunswick le comte Bernard de Hortsmar, le vicomte Gérard de Randeradt, le comte Conrad de Dortmund et le comte Othon de Tecklenburg. Et bien sûr, vous l'avez compris, l'ancien empereur Othon est lui-même à la tête de tout ce petit monde.

- A l'est, c'est le comte français Ferrand de Flandres qui va devoir tenir l'attaque des troupes royales. Il dispose pour cela de près de 5 000 cavaliers flamands et othoniens.

La tactique des coalisés est plutôt simple : les trois fronts doivent converger sur le centre de l'armée française, percer une trouée dans l'infanterie, atteindre Philippe Auguste et le tuer. Le grand avantage qu'a la coalition sur les français, c'est le corps de ses soldats à pied.
Alors que les piétons français forment essentiellement un mur défensif derrière lequel se replient les cavaliers entre deux charges pour récupérer, l'immense troupe des hommes à pied d'Othon est capable de former un coin et de venir enfoncer les rangs de l'armée adverse.


Si l'on résume les stratégies des deux armées sur notre petit schéma, ça donne ça :


 

      Et voici, les préparatifs sont achevés, les troupes se sont positionnées comme on le leur a ordonné. Les coalisés ont le soleil dans les yeux. Il les aveugle, par cet après-midi d'été, la température atteint les 30 degrés. Les deux armées se dévisagent longuement, sans bruit. Puis le roi Philippe Auguste, d'un geste de croix dans l'air devant lui, bénit ses troupes. Alors les hérauts annoncent la charge, les chevaux renâclent et se mettent au petit trop, puis au galop. Bientôt raisonne déjà le choc des premiers affrontements.

Suite à venir Clin d'oeil
 
 

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Messire Ferrand
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MessagePosté le: Dim 5 Juin - 09:03 (2011)    Sujet du message: Bouvines Répondre en citant

Et nous y voici, dans le gros de la bataille !
En ce 27 juillet 1214, le soleil frappe dur sur le lieu-dit du pont de Bouvines.

Ce sont les 150 sergents à cheval venus de l'Aisne qui ouvrent la voie aux autres français, en chargeant de face les rangs des flamands. Au centre du champ de bataille, les tirs des archers et arbalétriers d'Othon fusent dans l'air et s'abattent sur l'infanterie massée devant Philippe. Puis, les terribles combattants à pied de l'empereur déposé se mettent en marche. Ils se mettent en formation de manière à pénétrer les troupes françaises comme un coin entre dans une bûche de bois. Il s'agit d'un bloc compact de 20 à 30 000 hommes qui perce déjà les premières lignes de défense françaises.

Renaud de Dammartin, à l'ouest, lance alors ses troupes contre celles de Robert de Dreux. Il faut dire que les deux hommes, tous deux proches du roi de France mais dont le premier l'a trahi, ont des comptes à régler. De l'autre côté du terrain, ce sont les cavaliers de Ferrand de Flandres qui s'élancent à leur tour, droit vers le centre des lignes françaises, en espérant atteindre Philippe Auguste. Les champenois se portent aussitôt devant eux pour empêcher leur charge d'aboutir, et la mêlée se fait plus dense.
Partout résonnent les cris de guerre et les noms des combattants ; les chevaux renâclent et la ferraille s'entrechoquant forme l'arrière-plan sonore de l'affrontement. Le commandant des cavaliers de Ferrand de Flandres, Eustache de Malines, est rapidement désarçonné et égorgé par un sergent de Champagne. Les flamands ont une hésitation.

Les troupes de St-Pol et de Melun profitent de ce bref temps de pagaille dans les rangs adverses pour charger. Ils contournent les cavaliers flamands qui se sont avancés pour les prendre à revers. Ainsi, les troupes de Ferrand sont-elles enserrées entre eux et les champenois.

Mais au centre du champ de bataille, l'infanterie othonienne avance toujours dangereusement vers le roi, éventrant sans effort les lignes de piétons des communes françaises. Guillaume des Barres et La Truie, avec quelques cent vingt chevaliers montés, contournent alors les hommes à pied venus de l'Empire afin de les séparer d'Othon.



A cet instant, les français sont à deux doigts de perdre la bataille. Les troupes à pied de l'empereur atteignent le roi Philippe et parviennent à l'isoler de ses proches. Ils cherchent à le faire chuter de cheval, avec succès. Aussitôt, Barthélémy de Roye, Gauthier le Jeune et Pierre Tristan se portent au secours de leur suzerain, mais les piétons allemands sont trop nombreux et menacent de les jeter à terre eux aussi.

Othon voit déjà la victoire se profiler. Mais c'est une manoeuvre de La Truie et de Guillaume des Barres qui la lui retire. En effet, Des Barres revient en ligne droite vers le roi, traversant les lignes othoniennes à pied. Philippe parvient à remonter à cheval, et la cavalerie française profite de l'avantage pour lancer une charge dévastatrice.
L'infanterie othonienne est mise en déroute par le galop des chevaux français ; La Truie se porte jusqu'à Othon et réussit à le frapper au heaume. La monture de l'empereur prend peur et s'enfuit. Othon court se réfugier à Valenciennes.

Pour le centre des troupes coalisées, c'est la débâcle. Mais sur l'ouest du champ de bataille, le contingent anglais continue de faire des dégâts. Guillaume de Salisbury, dit Longuépée, écrase les hommes de Ponthieu et les sergents Picards. Les derniers sergents, environ au nombre de 400, que le roi de France avait placés en retrait près du pont, le chargent. Salisbury reçoit un coup de masse pendant l'assaut et tombe, évanoui. Il est le premier prisonnier de prestige pour les français.
Renaud de Dammartin, qui assiste à la prise de l'anglais, place ses piquiers en cercle. Lui et ses cavaliers sont au centre de cette forteresse d'armes d'hast, et font des sorties dévastatrices pour les français. Il semble que le comte de Boulogne soit décidé à résister le plus longtemps possible.


A 17h environ, les flamands perdent du terrain sur la droite. Ferrand de Flandres est jeté à terre par Frère Guérin lui-même, et est capturé. Tous ses hommes fuient le plus rapidement possible. Les champenois balayent alors ce qui reste du centre othonien, et cette fois c'est l'ensemble de l'armée coalisée qui s'enfuit, en déroute.
Lorsque tombe le crépuscule, il ne reste que Renaud de Dammartin, réfugié au centre de ses piquiers. Comprenant que la bataille est perdue, il veut porter un dernier coup puissant. Il charge le roi Philippe, mais un sergent français le désarçonne. Aussitôt un piéton de Saint-Denis se jette sur lui et lui lacère le visage avec un couteau.

La victoire est acquise pour le roi de France, et la journée se termine par l'acquisition du butin.

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MessagePosté le: Mer 9 Nov - 16:34 (2011)    Sujet du message: Bouvines Répondre en citant

"Les Anglais ne perdent jamais mais parfois on les bat." citation rugbystique (M. CRAUSTE)

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Messire Ferrand
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MessagePosté le: Mer 9 Nov - 22:27 (2011)    Sujet du message: Bouvines Répondre en citant

Ma foi, ce n'est pas faux  Mort de rire
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